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Vécu de l'interruption médicale de grossesse: étude qualitative et quantitative

Qu'est ce qu'une IMG ?

L'interruption médicalisée de grossesse, autorisée par la Loi Veil depuis 1975, est définie comme l'interruption de la grossesse pour des raisons médicales concernant le foetus ou la femme enceinte (mise en danger de la vie de l'un ou de l'autre), sans restriction de délai.

Philippe Engelmann distingue deux définitions:

  • « L’interruption thérapeutique de grossesse » est pratiquée pour cause maternelle, en raison d’une pathologie maternelle aggravée par la grossesse : elle a pour objectif de traiter la mère, dont la santé est mise en péril par la grossesse.
  • Les « interruptions médicales de grossesse » proprement dites interrompent le développement d’un enfant porteur d’une malformation ou d’une maladie grave. Elles n’ont pas de projet thérapeutique puisqu’elles constituent une interruption de vie. Elles sont simplement envisagées pour écourter la poursuite d’une grossesse vouée à l’échec.

Elle est proposée par le corps médical lors d'un diagnostic anténatal d'affection neurologique ou génétique grave chez l'enfant à naître et validée par les parents. Elle se distingue des fausses-couches et de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) autorisée jusqu'à 14 SA.

Lorsque la décision d'IMG est prise, une équipe pluri-professionnelle composée d'un obstétricien, d'une sage-femme, d'une psychologue, auxiliaire-puer, d'une assistante sociale accompagne le couple. L'équipe informe des différentes étapes de la prise en soin médicale de l’IMG, les conditions de l’accouchement, des démarches administratives, et encadre et accompagne le deuil périnatal qui en découle.

La sage-femme joue un rôle prédominant: présente en salle d'accouchement, elle accompagnera le couple de parents dans leur fragilité physique, psychique et émotionnelle. Parfois, elle réalisera le geste foeticide ou les soins palliatifs dont le bébé nécessite après l'accouchement.

Recherche scientifique qui vise à questionner le vécu professionnel des sages-femmes vis à vis de l'IMG

Le vécu de l’interruption médicale de grossesse

par les sages-femmes :
étude quantitative et qualitative de A. Manier et J. Wendland.

Objectif:  investiguer les liens entre le niveau d’anxiété, le nombre d’années d’exercice professionnel et le vécu des sages-femmes associé à la prise en charge de l’IMG.

Population : 238 femmes

Nombre moyen d’année de pratique : 13 ans

50% accompagnent plus de 10 IMG par an.

Méthodologie: 2 groupes réalisés. 1 groupe s'est vu répondre à un questionnaire, 1 groupe s'est vu proposé un entretien

Conclusion de l'étude :

  • 30% d’entre elles se disent concernées par une anxiété à l'idée de réaliser une IMG, dont 14% ressentent une anxiété élevée à très élevée 

  •  Plus la sage-femme a des années d’expériences, moins elle est anxieuse  l’idée de pratiquer une IMG.
  • Corrélation significative positive entre le fait de ne pas avoir reçu de formation sur le deuil du couple en périnatalité et le score d’anxiété autrement dit moins le soignant est formé, plus il est anxieux d’accompagner le couple.

  • 9/10 sages femmes disent que l’accompagnement des parents endeuillés est la tache la plus difficile.

"Elles les accompagnent durant tout leur parcours, qui peut aller du rejet à l’acceptation de la décision d’IMG; les sages-femmes sont confrontées à la détresse des parents et peuvent faire face à des réactions particulièrement ambivalentes face auxquelles elles ont du mal à se positionner."

Les difficultés viennent également de:

  • la lourde charge administrative  et les autres tâches classiques du métier de sage-femme
  • du sentiment de solitude pour nombre de soignants dans ce suivi de l’IMG 
  • du positionnement difficile pour 6/10 SF : inexpérience et taux élevé d’IMG/ an
  • la diversité des situations rencontrées

La totalité des SF évoquent un manque de formation sur la prise en soin de l’IMG.

8/10 SF mettent en avant un besoin d’être formées sur les sujets entourant la pratique d’une IMG, mais également d’être accompagnées. : mise en place de temps d’échange psychologique, analyse de la pratique.

 |Sources|

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