Les troubles digestifs du nourrisson en ostéopathie : comprendre avant de traiter

Les troubles digestifs du nourrisson en ostéopathie : comprendre avant de traiter

Les troubles digestifs occupent une place importante dans les motifs de consultation des nourrissons que l’on rencontre tous les jours au cabinet.

Régurgitations, reflux, pleurs prolongés, coliques, ballonnements, constipation ou troubles du transit sont autant de situations auxquelles les ostéopathes sont régulièrement confrontés.

Mais derrière un « bébé qui a mal au ventre » se cachent des mécanismes complexes.

Le système digestif du nourrisson est en pleine maturation. Son anatomie, sa motricité, son système nerveux entérique, son microbiote et ses interactions avec les systèmes nerveux et immunitaire évoluent au cours des premiers mois.

Cette formation propose aux ostéopathes diplômés de mieux comprendre ces mécanismes afin d’affiner leur observation, leur raisonnement clinique et leur pratique auprès du nourrisson.

Des symptômes fréquents… mais qui ne signifient pas toujours la même chose

Chez le nourrisson, les symptômes digestifs sont extrêmement fréquents. Ils ne correspondent pas nécessairement à une pathologie digestive.

Les critères de Rome IV ont notamment permis de mieux caractériser les troubles gastro-intestinaux fonctionnels du nourrisson et du jeune enfant. Une méta-analyse regroupant 15 études et plus de 48 000 enfants estime la prévalence globale des troubles gastro-intestinaux fonctionnels à environ 22 %. Chez les nourrissons, les régurgitations constituent l'un des troubles les plus fréquemment rencontrés.

Cette distinction est essentielle en pratique.

Un nourrisson qui régurgite n'a pas nécessairement un reflux gastro-œsophagien pathologique. Un bébé qui pleure beaucoup n'a pas nécessairement de « coliques » liées à une dysfonction digestive. Un bébé qui pousse et devient rouge avant d'émettre des selles n'est pas nécessairement constipé.

Le premier enjeu clinique consiste donc à identifier ce qui relève d'une variation physiologique, d'un trouble fonctionnel ou d'une véritable pathologie nécessitant une prise en charge médicale.


Régurgitations et reflux : ne pas confondre symptôme et maladie

Les régurgitations sont extrêmement fréquentes durant les premiers mois de vie.

Une étude prospective portant sur des nourrissons sains a montré que 73 % des nourrissons avaient des régurgitations quotidiennes au cours du premier mois. Cette proportion diminuait progressivement pour atteindre environ 50 % au cinquième mois, puis seulement 4 % à l'âge de 12 mois.

Cette évolution illustre un point fondamental : la maturation digestive participe naturellement à la diminution des symptômes.

Le reflux gastro-œsophagien correspond au passage involontaire du contenu gastrique dans l'œsophage. Il devient une maladie — le RGO pathologique — lorsque le reflux est associé à des symptômes ou complications suffisamment importants pour nécessiter une prise en charge.

Les recommandations conjointes NASPGHAN/ESPGHAN insistent notamment sur l'importance de différencier les symptômes fonctionnels du véritable RGO et de limiter les traitements pharmacologiques lorsqu'ils ne sont pas justifiés.

Pour l'ostéopathe, cette distinction est fondamentale.

L'objectif n'est donc pas de chercher systématiquement une « dysfonction responsable du reflux », mais d'abord de comprendre :

  • l'âge du nourrisson ;

  • son mode d'alimentation ;

  • ses modalités de prise alimentaire ;

  • sa croissance ;

  • la fréquence et l'importance des régurgitations ;

  • les éventuels signes associés ;

  • son comportement pendant et après les repas ;

  • son sommeil ;

  • son transit ;

  • et surtout, l'évolution globale de la situation.


Les pleurs du nourrisson : quand le digestif n'explique pas tout

Les pleurs représentent probablement l'un des motifs les plus délicats à interpréter.

Le terme de « coliques » est largement utilisé en pratique, mais les connaissances actuelles montrent qu'il s'agit d'un phénomène multifactoriel.

Les mécanismes proposés impliquent notamment la maturation neurologique, la régulation comportementale, les interactions parent-enfant, l'alimentation, le microbiote intestinal et différents facteurs individuels.

Les critères de Rome IV ont d'ailleurs fait évoluer la définition des coliques du nourrisson, en intégrant davantage leur caractère fonctionnel et comportemental plutôt qu'en les considérant comme la simple conséquence d'une douleur abdominale.

Cela conduit à une question importante en consultation :

un bébé qui pleure beaucoup a-t-il nécessairement mal au ventre ?

La réponse est non.

Cela ne signifie évidemment pas que le nourrisson ne puisse pas ressentir de douleur ou d'inconfort digestif. Cela signifie que les pleurs sont un signal non spécifique, qui doit être replacé dans l'ensemble du comportement du bébé.


Et l'ostéopathie dans tout cela ?

C'est probablement ici que la littérature scientifique mérite d'être regardée avec nuance.

Les troubles digestifs du nourrisson constituent un champ de recherche encore relativement jeune et les études consacrées spécifiquement à l'ostéopathie restent moins nombreuses que dans d'autres domaines de la pédiatrie. Les effectifs sont souvent modestes et les interventions manuelles sont difficiles à standardiser, puisqu'elles sont par définition individualisées.

Pour autant, les données disponibles ne sont pas dépourvues d'intérêt.

Une revue systématique et méta-analyse consacrée spécifiquement aux effets des traitements ostéopathiques sur les troubles gastro-intestinaux des nourrissons a identifié neuf études, chez des nourrissons nés à terme ou prématurément. Parmi celles-ci, cinq présentaient un faible risque de biais. Pour les coliques, la méta-analyse de deux études retrouvait une diminution statistiquement significative du temps de pleurs en faveur du traitement ostéopathique, avec un niveau de preuve évalué comme modéré. Les auteurs concluaient néanmoins que les résultats restaient hétérogènes et que des études de meilleure qualité étaient nécessaires pour confirmer ces observations.

Une étude randomisée menée auprès de 84 nourrissons présentant des coliques apporte également des résultats intéressants. Les nourrissons recevant une prise en charge ostéopathique présentaient une diminution significative des pleurs après l'intervention et lors du suivi à deux semaines. Une diminution des régurgitations était également observée au cours des trois semaines de suivi. Aucun effet indésirable n'a été rapporté dans cette étude.

Mais l'étude la plus récente et probablement la plus intéressante à intégrer dans cet article est un essai randomisé multicentrique publié en 2025, portant sur 103 nourrissons âgés d'une semaine à trois mois répondant aux critères de Rome IV pour les coliques ou les pleurs excessifs. Les nourrissons du groupe intervention ont bénéficié de trois séances d'ostéopathie sur une période de deux semaines, tandis que le groupe contrôle bénéficiait des soins habituels.

Les résultats montrent une amélioration statistiquement significative et jugée cliniquement pertinente du stress psychologique des parents dans le groupe ayant bénéficié de l'ostéopathie. Les paramètres secondaires, notamment l'intensité et la durée quotidienne des pleurs, évoluaient également dans le même sens.

Ce résultat est particulièrement intéressant car il rappelle que l'objectif d'une prise en soin du nourrisson ne peut pas être réduit à la seule diminution d'un symptôme.

Lorsqu'un bébé pleure plusieurs heures par jour, dort difficilement et semble inconfortable, c'est toute la dynamique familiale qui peut être affectée. Une intervention qui contribue à diminuer les pleurs ou à améliorer le vécu des parents peut donc présenter un intérêt clinique, même si son mécanisme d'action reste encore imparfaitement compris.

Des résultats encourageants, mais une littérature encore hétérogène

Les résultats des études ne sont cependant pas parfaitement concordants.

Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2023, portant sur cinq essais et 422 nourrissons, n'a pas retrouvé de réduction statistiquement significative du temps de pleurs ou d'augmentation du temps de sommeil lorsque les approches complémentaires étaient comparées à l'absence d'intervention. Les auteurs estimaient alors que le niveau de certitude des données était très faible, notamment en raison de l'hétérogénéité importante des études.

Cette divergence entre les résultats est importante à comprendre.

Elle ne signifie pas nécessairement que les approches manuelles sont inefficaces. Elle signifie surtout que nous ne disposons pas encore d'un corpus de recherches suffisamment homogène et robuste pour quantifier précisément leur efficacité ou identifier quels nourrissons sont les plus susceptibles d'en bénéficier.

Les interventions étudiées ne sont d'ailleurs pas toujours comparables : techniques ostéopathiques, massage, approche crânienne, techniques chiropratiques ou autres approches manuelles peuvent être regroupées dans certaines méta-analyses alors qu'elles ne correspondent ni aux mêmes pratiques ni aux mêmes mécanismes supposés.

Une revue de la littérature publiée récemment sur les interventions manuelles dans les coliques du nourrisson retrouve ainsi, parmi sept essais randomisés, plusieurs études rapportant une diminution cliniquement ou statistiquement significative des pleurs, avec des effets allant de 0,6 à 6,6 heures par jour selon les interventions. Les auteurs soulignent toutefois l'hétérogénéité importante des protocoles et des critères d'évaluation, qui ne permet pas de réaliser une méta-analyse fiable. Aucun événement indésirable grave n'était rapporté, mais le suivi de la sécurité restait inégal selon les études.

Que peut-on donc conclure ?

La littérature actuelle ne permet pas d'affirmer que l'ostéopathie constitue un traitement démontré du reflux gastro-œsophagien ou des coliques du nourrisson.

En revanche, il existe suffisamment de signaux positifs dans la littérature pour considérer l'approche manuelle comme une piste pertinente à étudier et comme une possibilité d'accompagnement complémentaire chez certains nourrissons, notamment dans les situations de pleurs excessifs ou de coliques.

Cette nuance est essentielle.

L'ostéopathie ne doit pas être présentée comme une réponse universelle aux troubles digestifs du nourrisson, ni comme une alternative au diagnostic ou à la prise en charge médicale lorsque celle-ci est nécessaire.

Elle peut en revanche trouver sa place dans une approche globale, individualisée et pluridisciplinaire, lorsque le contexte clinique s'y prête.

L'intérêt de la consultation ostéopathique peut alors dépasser la recherche d'une « dysfonction » supposée responsable des symptômes. Il réside également dans la capacité du praticien à observer le nourrisson dans sa globalité, à prendre en compte son comportement, ses interactions, son alimentation, son confort corporel, son développement moteur et son environnement, tout en sachant identifier les situations nécessitant une orientation vers un autre professionnel.

Autrement dit, la faiblesse relative du niveau de preuve ne signifie pas l'absence d'intérêt clinique. Elle invite surtout à une pratique plus rigoureuse, plus nuancée et mieux intégrée au parcours de soins.

L'enjeu pour l'ostéopathe n'est donc pas de « prouver » qu'une technique fonctionne pour tous les bébés, mais de savoir pour quel nourrisson, dans quel contexte, avec quel objectif et dans quelles limites une intervention peut être proposée.

C'est précisément cette démarche — comprendre les mécanismes, observer le nourrisson, construire des hypothèses, identifier les signes d'alerte, adapter son intervention et savoir orienter — qui permet de donner du sens à la pratique ostéopathique auprès du nourrisson.



Le système digestif du nourrisson : un système en maturation

Pour comprendre les troubles digestifs du nourrisson, il faut s'intéresser au fonctionnement global du système digestif.

Au cours des premiers mois, plusieurs systèmes évoluent simultanément :

  • la motricité gastro-intestinale ;

  • les capacités de vidange gastrique ;

  • la coordination succion-déglutition-respiration ;

  • les mécanismes de protection des voies aériennes ;

  • le système nerveux entérique ;

  • les interactions neuro-immunitaires ;

  • le microbiote intestinal ;

  • les capacités de régulation comportementale.

Le microbiote constitue notamment un élément particulièrement intéressant.

La période néonatale représente une période majeure de colonisation et de maturation du microbiote intestinal. Celui-ci évolue rapidement au cours de la première année de vie et est influencé par de nombreux facteurs, notamment l'alimentation, le mode d'accouchement et l'environnement. Une revue systématique consacrée au mode d'accouchement retrouvait par exemple des différences de colonisation et de diversité bactérienne durant les premiers mois de vie entre les nourrissons nés par voie vaginale et ceux nés par césarienne, différences qui semblaient s'atténuer avec le temps.

Les données plus récentes confirment que la diversité du microbiote augmente globalement au cours de la première année, tout en soulignant une forte variabilité entre les études et une certitude encore faible à très faible pour certaines mesures.

Cela ne signifie évidemment pas que chaque trouble digestif du nourrisson puisse être expliqué par son microbiote.

Mais cela rappelle que le système digestif du bébé est un système dynamique, en construction, soumis à de multiples influences.


Coliques et microbiote : une association intéressante, mais à interpréter avec prudence

Le rôle potentiel du microbiote dans les coliques a fait l'objet de nombreuses recherches.

Certaines études ont notamment évalué l'utilisation de probiotiques, particulièrement Lactobacillus reuteri DSM 17938.

Une méta-analyse d'essais randomisés portant sur 423 nourrissons retrouvait une réduction du temps de pleurs et une amélioration du taux de réponse dans certains groupes traités par L. reuteri.

Cependant, les résultats ne sont pas uniformes selon les populations.

Une revue systématique et méta-analyse spécifiquement consacrée aux nourrissons allaités retrouvait une diminution du temps de pleurs avec L. reuteri, mais évaluait la certitude des données comme faible à très faible selon les critères étudiés.

Une autre synthèse publiée en 2023 retrouvait également une réduction moyenne du temps de pleurs avec les probiotiques, mais soulignait les limites des données disponibles chez les nourrissons nourris au lait infantile ou nés par césarienne.

Le message clinique est donc important : le microbiote constitue une piste physiopathologique intéressante, mais il ne doit pas devenir une explication universelle des troubles digestifs du nourrisson.


Constipation, dyschésie et transit : trois situations à différencier

Les troubles du transit sont également fréquents chez le nourrisson.

Mais là encore, il est essentiel de distinguer plusieurs situations.

Un nourrisson peut pousser, devenir rouge et sembler faire des efforts avant d'émettre des selles molles. Cette situation peut correspondre à une dyschésie du nourrisson, qui relève notamment d'une immaturité de la coordination entre poussée abdominale et relaxation du plancher pelvien.

À l'inverse, la constipation fonctionnelle correspond à une situation différente, qui doit être évaluée selon des critères cliniques précis.

Les recommandations ESPGHAN/NASPGHAN consacrées à la constipation fonctionnelle chez l'enfant proposent notamment des critères diagnostiques et des algorithmes spécifiques aux nourrissons de moins de 6 mois. Elles soulignent également la nécessité d'identifier les situations nécessitant une exploration complémentaire.

Pour l'ostéopathe, cela implique une nouvelle fois de ne pas confondre symptôme observé et diagnostic.

Un bébé qui pousse n'est pas forcément constipé.

Un bébé qui régurgite n'a pas forcément un RGO pathologique.

Un bébé qui pleure n'a pas forcément mal au ventre.


Avant toute prise en charge : rechercher les signes d'alerte

Le raisonnement clinique commence donc avant le traitement.

Face à un nourrisson présentant des symptômes digestifs, l'ostéopathe doit être capable d'identifier les situations qui nécessitent un avis médical ou une orientation.

Parmi les éléments qui doivent attirer l'attention, on peut notamment retrouver :

  • une altération de l'état général ;

  • une mauvaise prise pondérale ou une cassure de la courbe de croissance ;

  • des vomissements bilieux ;

  • des vomissements sanglants ;

  • une hématémèse ;

  • du sang dans les selles ;

  • une distension abdominale importante ;

  • une douleur importante ou inhabituelle ;

  • de la fièvre associée à des symptômes digestifs ;

  • des difficultés alimentaires importantes ;

  • des signes de déshydratation ;

  • des symptômes respiratoires associés aux repas ;

  • des vomissements persistants ou inhabituels.

Ces situations ne relèvent pas d'une simple prise en charge manuelle.

Les recommandations internationales sur le reflux pédiatrique insistent notamment sur l'importance de rechercher les signes d'alerte et les diagnostics différentiels avant de conclure à un trouble fonctionnel.


Quelle place pour l'ostéopathe ?

L'intérêt d'une consultation ostéopathique ne réside donc pas nécessairement dans la recherche d'une structure « responsable » du trouble digestif.

Elle peut s'inscrire dans une démarche beaucoup plus globale.

L'observation du nourrisson peut notamment porter sur :

Son comportement

Comment le bébé se régule-t-il ?
Quels sont ses états comportementaux ?
Comment réagit-il aux stimulations ?

Son alimentation

Comment se déroule le repas ?
Existe-t-il des difficultés de succion ?
Des pauses fréquentes ?
Une désorganisation succion-déglutition-respiration ?
Des signes d'inconfort pendant ou après le repas ?

Son environnement

Comment sont organisés les temps de sommeil, d'alimentation et d'éveil ?
Existe-t-il une surcharge sensorielle ?
Comment les parents répondent-ils aux signaux de leur bébé ?

Son développement moteur

Le bébé présente-t-il une préférence posturale ?
Une asymétrie ?
Une difficulté à varier ses appuis ou ses mouvements ?

Son confort corporel

Comment tolère-t-il le toucher ?
Certaines positions ?
Les mobilisations ?
Le portage ?

L'ostéopathe peut alors intégrer ces informations dans son raisonnement et, lorsque cela est pertinent, proposer une intervention manuelle douce et adaptée.

Mais cette intervention doit rester proportionnée, individualisée et intégrée à une prise en soin globale.


Une approche centrée sur le nourrisson… et sur ses parents

Les troubles digestifs du nourrisson ne concernent jamais uniquement le bébé.

Les pleurs répétés, les régurgitations ou les difficultés alimentaires peuvent rapidement modifier le quotidien familial et générer inquiétude, fatigue et sentiment d'impuissance chez les parents.

La prise en soin doit donc également intégrer l'information et l'accompagnement parental.

Expliquer ce qui est physiologique.

Mettre des mots sur ce qui est observé.

Identifier les signes qui nécessitent une consultation médicale.

Éviter la multiplication des traitements ou des restrictions alimentaires injustifiées.

Et surtout, redonner aux parents des repères pour comprendre leur bébé.

Cette dimension est particulièrement importante dans les troubles fonctionnels du nourrisson, dont l'évolution naturelle est souvent favorable.


En conclusion : comprendre avant de traiter

Les troubles digestifs du nourrisson sont fréquents, multifactoriels et intimement liés à la maturation de nombreux systèmes.

La littérature scientifique montre aujourd'hui que les régurgitations, les coliques, les troubles fonctionnels du transit et les difficultés digestives ne peuvent pas être réduits à une seule cause mécanique.

L'enjeu pour l'ostéopathe n'est donc pas de chercher à « traiter le reflux », « débloquer le ventre » ou « corriger une dysfonction digestive » à tout prix.

Il est capital de savoir observer, différencier, orienter et accompagner.

Comprendre la physiologie digestive du nourrisson permet ainsi d'affiner son raisonnement clinique, de mieux identifier les situations physiologiques ou fonctionnelles, de reconnaître les signes d'alerte et de travailler en complémentarité avec les autres professionnels de santé.

C'est probablement dans cette approche fondée sur les connaissances actuelles, le raisonnement clinique et l'individualisation des soins que peut se construire une pratique ostéopathique pertinente auprès du nourrisson.


Pour aller plus loin

Les recommandations et travaux de référence sur lesquels s'appuyer comprennent notamment les recommandations NASPGHAN/ESPGHAN sur le reflux gastro-œsophagien pédiatrique, les recommandations ESPGHAN/NASPGHAN sur la constipation fonctionnelle, ainsi que les revues systématiques consacrées aux troubles fonctionnels digestifs et aux thérapies manuelles chez le nourrisson.

Références scientifiques principales

  • Rosen R. et al. Pediatric Gastroesophageal Reflux Clinical Practice Guidelines: Joint Recommendations of NASPGHAN and ESPGHAN. Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, 2018.

  • Tabbers M.M. et al. Evaluation and treatment of functional constipation in infants and children: evidence-based recommendations from ESPGHAN and NASPGHAN. JPGN, 2014.

  • Velasco-Benítez C.A. et al. Functional Gastrointestinal Disorders in Neonates and Toddlers According to the Rome IV Criteria: A Systematic Review and Meta-Analysis. 2022.

  • Harb T. et al. The New Rome IV Criteria for Functional Gastrointestinal Disorders in Infants and Toddlers. 2017.

  • Carnes D. et al. Manual therapy for unsettled, distressed and excessively crying infants: a systematic review and meta-analyses. 2018.

  • Systematic review and meta-analysis showed that complementary and alternative medicines were not effective for infantile colic. Acta Paediatrica, 2023.

  • Martínez-Lentisco M.D.M. et al. Osteopathic Manual Therapy for Infant Colic: A Randomised Clinical Trial. Healthcare, 2023.

  • Rutayisire E. et al. The mode of delivery affects the diversity and colonization pattern of the gut microbiota during the first year of infants' life: a systematic review. BMC Gastroenterology, 2016.

  • Evidence of Lactobacillus reuteri to reduce colic in breastfed babies: Systematic review and meta-analysis. Complementary Therapies in Medicine, 2021.

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